L’organiste autrichien, Lukas Hasler (né en 1996), propose un programme entièrement placé sous le signe de la transcription, enregistré sur le grand orgue Rieger du Goldener Saal du Musikverein de Vienne. De Jean-Sébastien Bach (1685-1750) à Johann Strauss II (1825-1899), en passant par Robert Schumann (1810-1856), Georges Bizet (1838-1875), Ludwig van Beethoven (1770-1827), Anton Bruckner (1824-1896), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Sergei Rachmaninoff (1873-1943) et Louis James Alfred Lefébure-Wély (1817-1869), Hasler fait briller l’orgue entre musique sacrée, répertoire symphonique, piano, opéra et tradition viennoise. Le musicien commence le piano à cinq ans avant de découvrir l’orgue à dix ans. Il étudie à la Kunstuniversität Graz auprès d’Ulrich Walther, puis se perfectionne, notamment à Strasbourg, auprès de Johann Vexo et poursuit une formation en gestion culturelle et médiatique à Hambourg. Également compositeur et arrangeur, il défend une conception très ouverte de son instrument, qu’il considère comme un formidable outil de création et de réinvention. Cette méthode trouve dans « Gold » une parfaite illustration grâce à une registration inventive et à une virtuosité toujours au service du discours musical. L’instrument-roi devient alors orchestre, piano, théâtre et palette de couleurs. Lukas Hasler révèle ainsi la continuité qui relie ces univers apparemment éloignés et signe un récital spectaculaire, généreux et personnel, où le patrimoine musical se trouve constamment renouvelé.
Jean-Jacques Millo |