L’Ensemble Charis, formation de chambre réunissant des instrumentistes de tout premier plan issus de grandes traditions orchestrales allemandes, s’est distingué par son goût pour les répertoires rares et les redécouvertes du classicisme et du premier romantisme. Dans l’album "Septets" il met en lumière deux œuvres injustement négligées du répertoire germanique. Le « Septuor en mi bémol majeur » op. 62, en six mouvements de Conradin Kreutzer (1780-1849) et le « Septuor en fa majeur » en quatre mouvements de Friedrich Witt (1770-1836). Kreutzer, compositeur, chef d’orchestre et figure importante de la période Biedermeier, déploie dans son oeuvre une écriture élégante, pleine de charme mélodique, de finesse et de dialogues raffinés entre les vents et les cordes, tandis que Witt, révèle dans son Septuor une fluidité formelle et un sens remarquable de l’équilibre instrumental. Interprétées par Diethelm Adorf (clarinette), Stephan Rüdiger (basson), David Bryant (cor), Rainer Sonne et Brigitte Rocholl-Gerlinghaus (violons), Christina Lohss (alto), Anette Adorf-Brenner (violoncelle) et Norbert Brenner (contrebasse), ces partitions bénéficient d’une lecture à la fois chaleureuse et inspirée qui souligne leur proximité avec l’univers de Beethoven tout en affirmant une personnalité propre. Cet enregistrement de 1986 constitue ainsi une contribution précieuse à la redécouverte d’un patrimoine chambriste méconnu.
Jean-Jacques Millo |